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Destin ?




Un mot qui nous est familier, que nous prononçons avec humour, résignation ou espoir. Parfois à travers une croyance. Comme s’il désignait une force invisible qui aurait déjà tracé notre route.


Alors notre existence est-elle réellement écritedes mains d’un auteur mystérieux ? Ou bien est-elle le fruit d’une multiplicité de concordances, de causes,qui aboutiraient à une combinaison singulière : celle de notre trajectoire.


En m’interrogeant sur ce thème, une image me vient.


La vie est une ligne droite ou sinueuse, fracturée ou douce, avec pour seuls points communs à tout être humain : un début et une fin. Ce sont les deux seuls éléments certains que nous possédons quelles que soient notre identité, notre lieu et notre contexte de naissance.


Un point A, un point B. Et au milieu l’existence.


Nous sommes en vie. Propulsés dans une aventure complexe.Relativement douce pour les uns. Douloureuse pour les autres. Alors nous tentons de donner un sens à cette réalité contrastée, difficile à saisir.


Parce que la vie est une sorte de mystère éphémère et fabuleux qu’il nous appartient de rendre véritable et concret face à une réalité qu’elle nous impose : son unicité. Car avec une absolue certitude nous en avons une et une seule. Nos croyances peuvent ouvrir d’autres voies bien sûr, mais avec tout le respect qu’elles méritent, ce sont par définition des croyances.


La certitude s’applique au temps présent. Ce que nous vivons ici et maintenant est unique. Je suis là, dans l’instant. Et la certitude s’arrête ici.


La minute suivante, l’heure suivante,l es jours suivants sont un mélange de circonstances, d’interrogations, de quêtes, de volonté, de moyens déployés, de convictions incarnées. Tout cela compose à mes yeux notre trajectoire, individuelle et collective.


En prolongeant ma réflexion, je m’interroge à présent sur une potentielle part de destin qui guiderait silencieusement et inéluctablement notre route.


Posons-nous ensemble cette question : Notre trajectoire est-elle une histoire de destin ?

En toute lucidité, à la naissance, certainement. Après… je ne le crois pas. Ou du moins, pas seulement.


À la naissance, un lot d’ingrédients nous est imposé. Avantageux ou lourds à porter. Heureux ou malheureux. Un environnement. Un corps.Une époque. Des ressources - ou leur absence.

Ce sont des ingrédients.

Et, à mes yeux, le destin s’arrête exactement ici.


Car ce ne sont pas des résultats. Ce sont des données initiales.

Et un ingrédient, comme toute donnée initiale, se transforme.


Il s’agit malgré tout de reconnaitre sincèrement que nous ne partons tous pas égaux. Certains héritent d’appuis, d’éducation, de sécurité. D’autres naissent dans l’urgence, dans la violence, dans le manque. Nier cela serait injuste. Mais s’y arrêter serait réduire l’individu à un état de fait.


La question n’est donc peut-être pas :« Quel est mon destin ? ». Mais plutôt : Que vais-je faire des éléments qui m’ont été, ou me sont, attribués ? Que faisons-nous, réellement des ingrédients du destin qui nous sont livrés à notre naissance ? Quelle conscience avons-nous -- ou allons-nous développer - de notre pouvoir d’action, de notre capacité au contre-pied ? À l’audace ? À la résilience ? À la résistance aussi.


Quelle part de responsabilité acceptons-nous d’endosser pour que notre existence individuelle ou notre Histoire collective ne demeurent pas seulementdes récits prédits ou préétablis ?


Peut-être que le destin n’est pas un verdict.

Peut-être est-il une proposition.

Une esquisse. Une feuille de route incomplète qui appelle à être bousculée pour être composée autrement.


Car chaque jour, dans des contextes parfois extrêmes, des femmes, des hommes, des enfants déjouent la fatalité. Ils résistent. Ils créent des possibles. Ils révèlent leurs forces Ils transforment leur histoire. Non pas parce que le destin leur a été favorable, mais parce qu’ils ont décidé de ne pas en rester là.


Et ces trajectoires ne sont pas des légendes. Elles existent autour de nous. Parfois dans le silence ou dans des contrées lointaines. Parfois à quelques mètres seulement. Elles ne nient pas la dureté du point de départ. lles ne prétendent pas que tout est possible. Elles montrent simplement qu’entre ce que nous sommes destinées à être, et ce que nous devenons, il existe un espace.


Un espace sensible, à la fois fragile et conséquent, prometteur et exigent. Un espace réel. Et c’est peut-être là que se joue la partie ou la recette de notre existence. Accepter d’abord les ingrédients initiaux qui nous sont attribués. Dans le temps suivant, les regarder en face, avec lucidité et force. Les yeux dans les yeux pour se les approprier. Puis, choisir, viscéralement, et entièrementce que nous décidons d’en faire.


Choisir de façonner cette matière, tantôt favorable, tantôt hostile, pour modeler jour après jour le visage précis de notre devenir. Alors enfin, la part du destin s’amenuise sous l’effet des actes courageux et des nobles batailles. Et c’est ici que commence la véritable histoire de l’individu.


✨ Cet épisode - le dernier de la saison 1 - est dédié à toutes les femmes et à tous les hommesqui agissent pour que la fatalité cesse d’écrire l’Histoire.

À celles et ceux qui donnent des lettres de noblesse à l’Humanité.

À celles et ceux qui défient, au quotidien ou à un moment décisif de leur vie, la barbarie, l’injustice, le silence et l’indifférence.

À celles et ceux qui savent marquer le monde du sceau de l’Humanité.


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